b - Limites sociales

La question à se poser est sans nul doute "quel pourrait-être le statut civil de l'embryon ". Le juriste Christian Byk suggère de " donner aux clones éventuels un statut civil qui leur confère un statut identique à celui des autres enfants, leurs frères et sœurs en humanité et en droit. Le clone issu du clonage reproductif ne serait donc pas considéré comme le jumeau du " créateur". Mais qui serait la mère ? La mère porteuse ? La mère donneuse de l'ovocyte ? Et qui pourrait être le père s'il ne donne pas son noyau ? Le conjoint de cette dernière ? De nombreuses questions subsistent. On peut aussi se demander si le fait de laisser un patrimoine dégénéré à sa descendance n'est pas mal.
Enfin la famille est considérée comme le lien premier de vie et d'insertion sociale. La cassure du lien familial ne réside pas tant dans le fait d'avoir plusieurs pères ou père, puisque cela existe déjà dans le cas d'une adoption ou d'une fécondation artificielle par don de sperme, mais dans celui de définir le lien de parenté au premier degré. Le Comité national d'éthique s'en inquiète : " Le clonage humain reproductif inaugurerait un mode de filiation hautement problématique et viderait même de son sens l'idée de filiation. Le clone ne devra cependant pas pour autant être dépourvu d'identité, d'une filiation et de droits successoraux. Il n'est pas responsable de son statut et ses auteurs devront seuls porter la responsabilité de la transgression qui l'aura porté au monde.

 

 

 

Par ailleurs le clonage est une technique extrêmement coûteuse. D'une part les recherches sont très chères mais ensuite tous les essais nécessaires pour avoir un embryon sain augmentent d'autant plus le prix du clonage. Ainsi une très petite frange de la population malade pourra être soignée. Un Européen très aisé pourrait soigner sa maladie de Parkinson alors qu'une Africaine ne pourrait être soignée de cette même maladie. Le clonage deviendrait exclusivement la thérapie du riche. Mais n'est-ce pas déjà le cas ? Peut-on recourir à une chimiothérapie dans les pays défavorisés ? Ainsi cela ne constituerait pas un problème novateur pour la médecine moderne. Dès que le clonage thérapeutique sera automatisé, la question de l'obtention des ovocytes pour disposer d'une cellule dont on ne gardera que le cytoplasme va se poser. Cette intervention programmée nécessitera une prise préalable d'hormones. Si certaines donneuses agissaient parfois par altruisme, la plupart risqueront de le faire par intéressement. Cela laisse la porte ouverte à toutes sortes de dérivations sociales sur le commerce d'ovocytes. Les risques de trafic d'ovocytes sont loin d'être négligeables. Encore une fois on pourrait voir émerger la profession de " vendeuse d'ovules " dans les pays les plus défavorisés.

 

 

 

 

 

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